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30/06/2011

Le trafic aérien de passagers en hausse de 6,8% en mai

r.jpgZURICH (Reuters) - La progression du trafic aérien a rebondi en mai mais le secteur reste fragile en raison de l'instabilité politique au Moyen-Orient et de la crise budgétaire dans la zone euro, a annoncé jeudi l'Association internationale du transport aérien (Iata).

Le trafic international de passagers a augmenté de 6,8% l'an en mai, après avoir vu sa croissance ralentir à la suite du séisme japonais du 11 mars.

Le fret aérien - un baromètre important du commerce international - a quant à lui chuté de 4%, mais l'IATA précise que les volumes de fret ont augmenté de 1,2% en avril.

L'Iata, qui représente 230 compagnies aériennes et 93% du trafic aérien mondial, a réduit de moitié sa prévision de bénéfices pour le secteur en 2011, en raison de la hausse des prix du carburant et du contexte géopolitique troublé.

L'Iata escompte désormais quatre milliards de dollars (2,76 milliards d'euros) de bénéfices cumulés, contre une précédente estimation de 8,6 milliards de dollars.

"Cela représente une marge ridicule de 0,7% et un nouveau choc pourrait dramatiquement bouleverser le destin du secteur" a souligné le directeur général de l'Iata Giovanni Bisignani.

"C'est de nouveau une année difficile pour un secteur très fragile", a-t-il ajouté.

Katie Reid, Natalie Huet pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

29/06/2011

Singapore Airlines achète 15 A330 supplémentaires

r.jpgPARIS (Reuters) - Airbus annonce mercredi que Singapore Airlines a finalisé un accord portant sur l'acquisition de 15 A330-300 supplémentaires.

Ces appareils, qui viendront rejoindre la flotte actuelle de 19 A330-300 de la compagnie, assureront la liaison entre Singapour et différents aéroports de la région Asie-Pacifique et du Moyen-Orient, précise dans un communiqué l'avionneur, filiale d'EADS.

L'A330 est l'un des gros porteurs les plus exploités dans le monde actuellement. Airbus revendique à ce jour plus de 1.100 commandes fermes pour les différentes versions de cet appareil.

Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez

28/06/2011

Airbus et Pékin signent un accord pour 88 Airbus A320

r.jpgPARIS/BERLIN (Reuters) - Airbus a annoncé mardi la signature avec deux sociétés chinoises d'accords portant sur l'acquisition de 88 A320, pour laquelle des sources des entreprises ont évoqué un montant de 7,5 milliards de dollars sur la base des prix catalogue.

Un peu plus tôt, les sources avaient indiqué à Reuters que l'avionneur, filiale d'EADS, avait signé avec la Chine un accord portant sur 62 appareils, assorti d'une option pouvant porter cette commande à 88 unités.

Airbus a confirmé dans un communiqué avoir conclu des accords avec China Aviation Supplies Holding Company (CAS) et ICBC Financial Leasing Co. (ICBC Leasing). Cette dernière a signé un contrat d'achat portant sur 42 avions, a précisé l'avionneur européen.

"Depuis l'introduction du premier appareil de la famille A320 en Chine, en 1995, le programme monocouloir Airbus a joué un rôle important dans l'accompagnement de la rapide croissance de l'aviation civile en Chine", a déclaré Li Xiaopeng, président d'ICBC Leasing, filiale de la banque ICBC, cité dans le communiqué.

Airbus, qui a revendiqué au salon aéronautique du Bourget plus de 1.000 engagements d'achat pour l'A320neo, version remotorisée de l'A320, a précisé qu'à la fin mai, 575 appareils de la famille A320 étaient en tout exploités par 13 compagnies chinoises.

Gilles Guillaume, édité par Dominique Rodriguez

26/06/2011

Record de fréquentation et de commandes au salon du Bourget

r.jpgLE BOURGET (Reuters) - Le 49e salon aéronautique du Bourget, qui ferme ses portes ce dimanche, a multiplié les records cette semaine, avec une fréquentation totale estimée à près de 350.000 visiteurs, tandis qu'Airbus EADS a engrangé plus de 900 commandes d'avions, terrassant son grand rival Boeing.

Depuis son ouverture lundi, le salon a accueilli 145.000 visiteurs professionnels et plus de 2.100 exposants, ont précisé ses organisateurs dans un communiqué, dépassant les chiffres de sa dernière édition, en 2009.

Au moins 200.000 passionnés de l'aéronautique ont quant à eux afflué au salon depuis son ouverture au public vendredi, selon le décompte arrêté à 12h30 ce dimanche, contre 193.000 en 2009.

"Des records ont été battus dans tous les domaines", a déclaré lors d'un point presse Louis Le Portz, commissaire général du salon, qui est organisé en alternance avec celui de Farnborough, au Royaume-Uni.

Les visiteurs ont pu admirer 150 avions, dont 40 ont effectué des démonstrations en vol, notamment l'avion de combat Rafale de Dassault Aviation ou le B787 de Boing.

L'avion de transport militaire A400M a toutefois été privé de programme aérien à la suite d'un programme technique, tandis qu'un exemplaire très gros porteur A380 a été cloué au sol pendant deux jours après avoir heurté lundi un bâtiment lors d'une manoeuvre dans l'enceinte de l'aéroport.

Malgré ces déconvenues, Airbus a dominé Boeing sur le plan commercial cette semaine, avec un total de 910 commandes et engagements de commandes représentant 88 milliards de dollars, contre 141 unités pesant 22 milliards pour son rival américain.

L'avionneur européen a décroché en particulier une commande ferme record de la compagnie malaisienne AirAsia pour 200 exemplaires d'A320neo, la version améliorée de son monocouloir A320, ainsi que de la confirmation d'un protocole d'accord signé en janvier par l'indienne IndiGo pour 180 avions.

Ces deux compagnies, devenues les deux premiers clients d'Airbus devant les loueurs d'avions américain ILFC et GECAS, soulignent le rôle moteur joué par l'Asie dans la croissance à venir du trafic aérien mondial.

Cyril Altmeyer, édité par Benoît Van Overstraten

23/06/2011

Un avion électrique, plus économe en carburant, en 2025

LE BOURGET (Reuters) - En 2025, un avion pourrait, hors système de propulsion, être tout électrique, réduisant ainsi la facture en kérosène des compagnies aériennes, leurs coûts de maintenance et l'empreinte carbone des appareils.

Le principe consiste en l'alimentation des plus gros postes de consommation d'énergie d'un avion - conditionnement de l'air dans la cabine, dégivrage des ailes, démarrage du moteur, trains d'atterrissage et commandes de vols - par des systèmes électriques indépendants, au lieu de ponctionner de l'énergie sur le moteur des avions.

Cette innovation, déjà installée partiellement dans l'A380 d'Airbus et le B787 de Boeing, pourrait entraîner à terme des recompositions parmi les équipementiers.

L'avion électrique est au coeur de l'offensive menée, pour l'instant en vain, par l'équipementier Safran sur son concurrent Zodiac Aerospace et figure aussi parmi les activités de Thales que Safran pourrait récupérer dans le cadre d'un échange d'actifs en cours de négociation.

"Il y a fort à parier qu'à l'horizon 2025, l'avion soit tout électrique", a expliqué à Reuters Didier Godart, directeur du développement de l'avion électrique chez Safran.

"On améliore les moteurs pour améliorer leur rendement propulsif, mais il faut aussi améliorer tout ce qui concerne la partie non propulsive, d'où l'avion électrique", a-t-il résumé.

L'avion électrique ne réduira en lui-même la consommation en kérosène que de 2% à 3%, mais la simplification de la maintenance qu'il induira permettra d'accélérer la rotation des avions et d'allonger la durée de vie des moteurs, au moment où le trafic aérien est engagé dans une croissance exponentielle.

ZÉRO DÉFAUT

"C'est important parce qu'aujourd'hui les avionneurs recherchent du zéro défaut en termes de disponibilité des avions", a observé Didier Godart. "Un avion qui ne peut plus décoller à cause d'un équipement en panne, cela ne doit plus exister. C'est comme les voitures, on n'accepte plus que sa voiture tombe en panne."

Saut technologique majeur, l'avion électrique a encore devant lui des défis techniques à relever, notamment d'assurer que les systèmes électriques, plus denses, parviennent à refroidir et de les faire coexister avec les matériaux composites utilisés pour construire des fuselages plus légers.

Le futur successeur de l'Airbus A320, connu sous le nom d'A30X et attendu pour après 2025, pourrait se rapprocher d'un appareil tout électrique, mais l'avionneur n'a pas encore tout à fait tranché.

"Rien ne nous empêche techniquement d'y parvenir. Mais il faut évaluer les avantages et inconvénients en termes de poids et d'encombrement des systèmes électriques", a expliqué à Reuters Tom Williams, directeur des programmes de l'avionneur européen.

"On peut espérer qu'un système électrique nous permettra de réduire les fuites liés aux systèmes hydrauliques, mais il faut être sûr qu'on ne remplace pas cela par d'autres problèmes électriques qui affecteraient la fiabilité de la structure".

Un tel saut technologique ne pourra qu'entraîner une consolidation parmi les équipementiers, a estimé Guillaume Rochard, associé spécialiste de l'aéronautique et la défense chez PriceWaterhouseCoopers.

"Cela pourra se manifester de deux façons : soit au travers d'acquisitions de sociétés de petite taille ayant développé des technologies de rupture auxquelles les grands groupes s'intéressent, soit au travers d'acquisitions plus importantes ayant pour but le renforcement de positions concurrentielles", a-t-il observé.

"Cela peut aussi passer par de la coopération technologique pouvant prendre de nombreuses formes. Le M&A n'est pas la seule façon de procéder".

Avec Gregory Schwartz, édité par Benoît Van Overstraeten

AirAsia achète 200 Airbus A320neo pour 18,2 milliards de dollars

r.jpgLE BOURGET (Reuters) - AirAsia a annoncé jeudi une commande ferme de 200 Airbus A320neo, la version remotorisée de l'A320, établissant ainsi un nouveau record en nombre d'avions achetés en une fois par une seule compagnie aérienne.Sur la base des prix catalogue, cette commande, dont Reuters avait eu vent dès le 10 juin, représente 18,2 milliards de dollars.

En termes de nombre d'avions, elle dépasse le record de 180 avions qui avait été établi la veille par la compagnie aérienne indienne Indigo.

AirAsia, basée en Malaisie et première compagnie aérienne à bas coûts en Asie, devient avec cette commande le plus important client d'Airbus.

Dans un communiqué, l'avionneur européen précise qu'AirAsia a choisi le moteur LEAP-X, fabriqué par CFM International, pour équiper ses A320neo. CFM est une coentreprise entre General Electric et Safran.

Vers 11h45, l'action EADS, maison mère d'Airbus, est l'une des rares composants du CAC 40 à être en territoire positif, progressant de 1,60% à 22,20 euros, alors que le CAC perd 1,09% et que l'indice regroupant les valeurs sectorielles européennes cède 0,74%.

Le titre Safran avance pour sa part de 0,24% à 29,17 euros.

"Avec cette transaction historique, AirAsia a assuré son avenir et pourra répondre à l'énorme potentiel de croissance du marché asiatique", déclare Tony Fernandes, directeur général d'AirAsia, cité dans le communiqué d'Airbus.

PLUS DE 1.000 ENGAGEMENTS POUR LA FAMILLE NEO

En valeur, la commande passée par AirAsia est la troisième plus grosse commande engrangée par Airbus, derrière celles d'Emirates et de Qatar Airways, cette dernière devant également annoncer l'achat de nouveaux Airbus ce jeudi.

L'Airbus A320neo est une version remotorisée de l'A320, l'avion le plus vendu par l'avionneur européen, qui devrait entrer en service en 2015 avec la promesse d'une économie de carburant de 15%.

Depuis le début du salon du Bourget, qui a ouvert ses portes lundi, Airbus a fait état de 817 commandes et intentions de commandes pour des appareils de la famille A320neo.

Car, outre celle d'AirAsia, la compagnie GoAir a confirmé ce jeudi une commande portant sur 72 A320neo.

John Leahy, directeur commercial d'Airbus, a déclaré mercredi que la barre des 1.000 engagements pour l'avion, en tenant compte de ceux qui avaient été conclus avant le salon, avait été dépassée, à 1.029.

D'après des analystes du secteur, le succès de l'A320neo est susceptible d'accentuer encore davantage la pression sur Boeing pour qu'il tranche sur l'avenir du B737: remotorisation, comme l'a fait Airbus avec l'A320, ou redéfinition de plus grande ampleur.

Les deux géants de l'aéronautique sont engagés dans une compétition féroce pour avoir la mainmise sur le marché des monocouloirs, qui constituent l'essentiel de la flotte mondiale et qui sont achetés en nombre, notamment par les compagnies asiatiques et celles offrant des prestations à bas coûts.

Boeing a déclaré dimanche qu'il ne se précipiterait pas pour décider s'il fera le choix de la remotorisation ou de la conception d'une nouvelle version de son 737, en dépit des commandes reçues par Airbus pour l'A320neo.

Le groupe américain a déclaré qu'il pourrait ne rien annoncer sur ce dossier d'ici la fin 2011.

Tim Hepher et Matthias Blamont, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

22/06/2011

Commandes en vue pour Eurocopter, vraie reprise en 2012

r.jpgLE BOURGET (Reuters) - Eurocopter s'attend à plusieurs commandes de 20 à 30 unités d'ici la fin de l'année, marquant un signe clair du retour des investissements des opérateurs avant une franche reprise du marché en 2012, a déclaré mercredi son directeur général Lutz Bertling.

Le premier constructeur mondial d'hélicoptères civils a constaté depuis deux mois une contraction du marché de l'occasion et une hausse de ses négociations commerciales, a-t-il ajouté.

"On commence à constater la reprise du marché et nous attendons toujours une véritable reprise (du marché civil) en 2012", a dit Lutz Bertling à des journalistes au salon aéronautique du Bourget.

"Entre maintenant et la fin de l'année, nous aurons plusieurs nouveaux contrats de 10 à 30 appareils, ce qui est un véritable signe que les opérateurs recommencent à investir dans l'augmentation ou le remplacement de leurs flottes".

A plus long terme, dans les années 2020, Eurocopter envisage de s'attaquer au marché des vols court-courriers, espérant proposer des hélicoptères capables de transporter entre 30 et 50 passagers.

Lutz Bertling a dit percevoir un potentiel sur ce marché, lié à l'encombrement croissant des aéroports dû à la hausse exponentielle du trafic.

"Un avion de transport régional a exactement le même créneau qu'un très gros porteur. La seule différence est que l'un transporte 50 passagers, l'autre 500", a-t-il observé.

"Les aéroports n'auront pas suffisamment de créneaux et la croissance des infrastructures ne pourra pas suivre la croissance du trafic", a-t-il ajouté.

Eurocopter compte également se développer sur le secteur très porteur du transport par hélicoptère vers les plates-formes pétrolières et gazières, dont il vise 60% d'ici cinq à dix ans sur tous les segments.

La filiale d'EADS ne détient actuellement qu'un quart du marché des hélicoptères de taille moyenne, dominé par son rival anglo-italien AgustaWestland (groupe Finmeccanica), mais contrôle déjà 60% de celui des hélicoptères lourds.

Dans le golfe du Mexique, les hélicoptères légers, les plus agiles, gagnent des parts de marché, a ajouté Lutz Bertling.

Eurocopter a annoncé en mars le rachat de l'équipementier aéronautique canadien Vector Aerospace pour environ 625 millions de dollars canadiens (450 millions d'euros), la plus importante acquisition jamais réalisée par EADS qui cherche à se renforcer sur le crucial marché nord-américain.

Edité par Benoit Van Overstraeten

L'indécision sur le Boeing 737 pourrait servir Bombardier

31.jpgLE BOURGET (Reuters) - Les hésitations de Boeing sur l'avenir du monocouloir 737 améliorent les chances du concurrent CSeries de Bombardier de séduire des clients potentiels, a déclaré mercredi au Bourget le directeur général adjoint de la division aérospatiale du groupe canadien.

Lors d'une interview à Reuters, Guy Hachey a indiqué que Bombardier avait déjà fait une proposition à l'un des principaux clients américains de Boeing, la compagnie Southwest Airlines.

Boeing hésite toujours entre redessiner complètement son 737, l'avion le plus vendu du groupe, et une simple remotorisation de la structure actuelle. La deuxième option est plus rapide, mais les économies de carburant sont moindres qu'avec un avion totalement nouveau.

Le géant américain a repoussé sa décision l'année dernière, même si son grand rival européen Airbus a d'ores et déjà opté de son côté, avec succès, pour une remotorisation de son A320, concurrent direct du 737.

Le CSeries de Bombardier, dont la commercialisation est prévue pour la fin 2013, a connu un démarrage lent en matière de prise de commandes.

Bombardier était même revenu bredouille l'an dernier du salon aéronautique de Farnborough, mais après 16 mois sans aucune réservation, le groupe a annoncé le 1er juin la commande de dix CSeries par la compagnie suédoise Braathens Aviation.

Mardi au Bourget, le troisième constructeur aéronautique civil mondial a également annoncé un accord avec Korean Air pour l'acquisition de dix appareils et des options sur vingt autres.

La veille, un client non identifié a commandé dix CSeries, et Bombardier revendique à ce jour 113 commandes pour l'appareil.

Gilles Guillaume pour le service français, édité par Cyril Altmeyer

Dassault Systèmes mise toujours sur l'aéronautique

r.jpgPARIS (Reuters) - Dassault Systèmes table sur une hausse à deux chiffres de ses ventes dans l'aéronautique et la défense entre 2010 et 2014 grâce aux nombreuses innovations qu'offrent ces secteurs, a déclaré mercredi à Reuters son directeur général Bernard Charlès.

Présent au salon du Bourget, l'éditeur français de logiciels croit au potentiel de croissance "important" de ce marché qui représente au niveau mondial environ deux milliards de dollars (1,4 milliard d'euros).

"C'est une industrie qui bouge, qui innove", a souligné Bernard Charlès lors d'une interview, citant notamment l'arrivée de nouveaux matériaux, la diminution des coûts opérationnels et le dynamisme des pays émergents.

Ces innovations, qui obligent les entreprises à revoir leurs processus de fabrication et à avoir recours à des logiciels de simulation et de modélisation, "donnent un champ d'investigation et d'innovation extraordinaire pour Dassault Systèmes", a-t-il ajouté.

Contribuant à hauteur d'environ 20% au chiffre d'affaires de Dassault Systèmes, l'aéronautique et la défense font partie des marchés historiques du groupe avec l'industrie et l'automobile.

Ces marchés sont toutefois sensibles à la conjoncture et ont subi de plein fouet les effets de la crise de 2008, conduisant l'éditeur à diversifier ses activités vers de nouveaux secteurs tels que l'énergie, la pharmacie ou la distribution qui représentent près d'un quart de ses revenus.

Le chiffre d'affaires de l'aéronautique et de la défense reste toutefois en croissance, a précisé Bernard Charlès, et Dassault Système compte pousser son avantage sur ses concurrents par le biais de l'enrichissement de son offre, a-t-il dit, sans exclure de procéder à des acquisitions.

"RÉVOLUTION"

Le groupe, qui a commencé par le design de la géométrie de pièces d'avions, a ensuite étendu son expertise aux outils de collaboration mettant en relation entreprises et sous-traitants.

Avec l'acquisition en mars, pour 25,3 millions d'euros, d'Intercim, société spécialisée dans le traçage et la certification des tâches d'atelier, il est désormais présent dans le processus d'assemblage des pièces d'avions.

"En supposant même qu'on n'ait pas de nouveaux clients, on peut au minimum doubler le nombre d'utilisateurs chez nos clients existants", a estimé Bernard Charlès.

Rappelant que le groupe table sur un doublement de son chiffre d'affaires en 2014 par rapport à 2010, il a jugé peu probable une performance similaire dans l'aéronautique.

"Mais on aura fait une croissance à deux chiffres", a-t-il précisé.

Le patron de Dassault Systèmes, qui tiendra une conférence la semaine prochaine avec des développeurs, a par ailleurs annoncé que le groupe dévoilerait à cette occasion un nouvel outil collaboratif dédié à l'innovation et s'inspirant du fonctionnement des réseaux sociaux.

"Je pense que nous allons montrer dans les prochaines semaines que l'on peut faire une révolution assez profonde dans les processus d'innovation tous secteurs d'industrie confondus", a déclaré Bernard Charlès, en précisant que ce nouvel outil serait disponible dès le mois de juillet.

Comme Facebook a transformé les échanges entre les individus, Dassault Systèmes espère chambouler en profondeur les processus d'innovation, souvent cloisonnés et parfois "très rigides" dans les entreprises, en facilitant les échanges en temps réel entre tous les participants concernés.

Des projets pilotes sont déjà en cours dans le domaine de l'automobile et de la "mobilité intelligente" aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.

Le groupe, qui est en concurrence avec les américains Autodesk et Parametric Technology, a également lancé une expérimentation avec une université réputée de médecine sous la forme d'une plateforme sécurisée permettant aux étudiants et aux professeurs d'échanger leurs expériences, a expliqué Bernard Charlès.

Il n'a pas souhaité faire de commentaires sur l'activité du groupe au deuxième trimestre.

A 18h25, le titre cédait 0,9% à 57,73 euros. Depuis le début de l'année, il affiche une hausse de 3,0% après un bond de plus de 40% en 2010.

Edité par Pascale Denis

Berlin pourrait devenir un actionnaire majeur d'EADS

r.jpgBERLIN (Reuters) - L'Allemagne pourrait rejoindre la France comme actionnaire majeur d'EADS si le nouveau ministre de l'Economie Philipp Rösler donne son feu vert au rachat par l'Etat de la participation de Daimler.

Philipp Rösler rencontrera bientôt toutes les parties concernées par le projet de cession de Daimler, a dit mercredi une source du ministère.

Des sources gouvernementales ont dit à Reuters qu'aucune entreprise acceptable du secteur privé n'avait été trouvée pour racheter les parts de Daimler dans le groupe d'aéronautique et d'espace européen et représenter les intérêts de l'Allemagne.

En conséquence, la seule solution serait que la banque publique KfW entre en jeu.

Daimler détient actuellement 15% d'EADS, tout comme la France, préservant un délicat équilibre des pouvoirs entre les deux partenaires. La holding publique espagnole Sepi détient quant à elle 5,5% du groupe.

Daimler a accepté de conserver ses parts jusqu'à la fin 2012 dans le cadre d'un pacte d'actionnaires avec l'Etat français et Lagardère, qui détiennent ensemble 22,5% du capital d'EADS.

"Le gouvernement fédéral est en contact permanent et étroit avec Daimler au sujet d'EADS", a dit mercredi Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement allemand. "L'équilibre franco-allemand est quelque chose que nous considérons comme précieux et qui vaut donc la peine d'être préservé".

En tout état de cause, la KfW pourrait se retrouver avec plus de 15% du capital d'EADS parce que des banques allemandes veulent vendre des titres détenus en commun avec plusieurs Länder allemands qui ensemble contrôlent 7,5% de l'avionneur, observent des sources.

Si la KfW entre en force au capital d'EADS, ce serait embarrassant pour Philipp Rösler, un démocrate libéral du FDP qui a pris ses fonctions en mai. Le FDP, l'un des partis de la coalition au pouvoir en Allemagne, est en effet traditionnellement opposé à l'intervention de l'Etat dans les entreprises.

Gernot Heller, Andreas Rinke, Hendrik Sackmann et Christiaan Hetzner, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Pascale Denis

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